Risque de submersions marines

Dunkerque: face au risque de submersions marines, le trait de côte sous haute surveillance
La Voix du Nord publié le 06/10/2014
BRUNO VERHEYDE

La semaine dernière, Jean-François Cordet, préfet de région, a co-présidé une réunion de présentation de l’étude relative à la gestion du trait de côte. Dans ce document sont répertoriés, avec une remarquable minutie, l’état du territoire, de ses défenses et des aléas qui peuvent l’agresser.

Un traumatisme. Il aura fallu Xynthia pour réveiller les consciences et accréditer la thèse d’Henri Jean, sous-préfet de Dunkerque, qui constate que « nous avons une forte capacité d’oubli des événements tragiques ». En l’occurrence, il fait référence aux inondations qui avaient frappé Rosendaël en 1953. « Régulièrement, des petites piqûres de rappel nous rappellent le risque… » Puis revient l’oubli.

Depuis Xynthia, ce sursaut a permis, sur le littoral, la création d’une cellule technique, cofinancée par l’État, la Région, le Pôle métropolitain et des fonds européens. Il y a quelques jours, dans les locaux de la CUD, sous la présidence de Jean-François Cordet, préfet de région, cette cellule a présenté un document extrêmement précis, radiographie détaillée du trait de côte. De la baie d’Authie à Bray-Dunes, tous les ouvrages de protection (cordons dunaires, falaises, enrochements, digues…) ont été recensés et notés selon leur état. En fonction de la solidité de ces ouvrages, des aléas de submersion ont été modélisés.

Par exemple, en cas de brèche dans la digue des Alliés, ce sont pas moins de 17 à 18 000 personnes qui pourraient être impactées. « Le risque n’est pas forcément mortel mais puisqu’il y a risque, il faut le prendre en compte. À partir de ce document, l’objectif est double : travailler à une stratégie à l’échelle du littoral, et préciser les travaux à mettre en œuvre sur les sites prioritaires. » Tous ces éléments seront extrêmement utiles à la finalisation d’un document capital, le PPRI (Plan de prévention des risques d’inondation) qui devrait être dévoilé dans un peu plus d’un an. « Ce document, qui s’impose au plan d’urbanisme de chacune des communes, devra, en collaboration avec elles, établir prescriptions et interdictions. Ce document sur l’état du trait de côte est extrêmement précieux en tant qu’aide à la décision et à l’élaboration de stratégies. »

La réunion fut également l’occasion de faire le point sur les travaux récemment réalisés (lire ci-dessous) et sur l’implication financière de l’État parfois difficile à obtenir. « L’État est dans une situation budgétaire difficile, ce n’est pas nouveau, reconnaît Henri Jean. Mais, dans certains dossiers, il faut dissocier l’accessoire de l’essentiel. Et nous sommes là dans l’essentiel. Ce n’est pas là-dessus que se feront les arbitrages budgétaires. Cette problématique a peut-être été ignorée dans notre pays. Ce n’est plus le cas. » La capacité d’oubli a ses limites. Et c’est tant mieux…

Les travaux déjà réalisés

Digue des Alliés

En 2011, l’État a procédé au rechargement de 300 000 m3 de sable et à la réparation des parties basses de la digue pour un coût de 850 000 €.

Cette année et dans les mois qui viennent, l’État (78 %) et l’Europe (22 %) financent (8,15 millions) la seconde phase de travaux. Elle consiste à réensabler l’avant de la digue et à mettre en place des mesures d’accompagnement: filets brise-vent et réparation, confortement de la digue.

Écluse Tixier

Sous maîtrise d’ouvrage de l’Institution départementale des wateringues, l’État, propriétaire de l’ouvrage, a cofinancé (à hauteur de 20 %) entre 2010 et 2013 les travaux de remise en état des vannes. Le chantier, qui aura coûté 1 million d’euros, a bénéficié également des financements de l’Agence de l’eau (40 %), de l’Institution interdépartementale des wateringues (28 %), des conseils généraux du Nord et du Pas-de-Calais (6 %).

Écluses de Gravelines

Des travaux de modernisation et de sécurisation viennent de démarrer sur les écluses 63 et 63-bis de Gravelines sous maîtrise d’ouvrage du conseil général. Le projet, d’un coût de 3,8 millions, a été financé à moitié par des subventions européennes.

Samedi, 11 Octobre, 2014 - 16:51

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